localisation : Saint Paul lez Durance (13)

année : 2019

maîtrise d’ouvrage : CEA CADARACHE

montant des travaux : non communiqué

surface : 350,60 m2

mission : Conception - Permis de construire

statut : En cours

 

Le projet prend place dans une ancienne annexe d’un bâtiment protégé : le château de Cadarache. Siège des seigneurs locaux depuis le Haut Moyen-Âge, le château est entouré de chapelles, laveries, fournils, fermes et bergerie, qui participaient à l’époque aux activités agricoles et forestières pratiquées sur la riche terre de Cadarache. Ce patrimoine architectural appartenant aujourd’hui au CEA Cadarache, a était pendant un temps laissé à l’abandon. C’est dans ce contexte que le service IRMF du CEA a lancé l’idée d’installer dans une ancienne bergerie, un Centre de pilotage à distance des réacteurs nucléaires de type « tokamaks » dispersés dans le monde.

Destiné aux ingénieurs et aux élèves ingénieurs du CEA, le lieu doit à la fois jouer un rôle d’épicentre évitant les déplacements des ingénieurs sur d’autres continents, tout en se mêlant à une activité d’enseignement et de formation au pilotage des centrales de fusion. Le programme comprend une salle Remote en son centre, équipée de postes de pilotages, d’écrans de contrôle et d’une plateforme de surveillance des différents postes, ainsi que des bureaux, des locaux techniques, une salle de réunion et un foyer de détente.

Le traitement architectural du projet propose un double langage qui s’oppose et se répond. Ancien et neuf, Fermé et ouvert. Ainsi une architecture introvertie qui se protège de la lumière extérieure, nécessaire à l’activité du lieu (utilisation d’écrans de pilotages), coexiste et s’oppose avec une ambiance de détente plus ouverte sur l’extérieur. A l’intérieur des salles de travail sombres, sans ouverture s’opposent à un espace de détente en double hauteur généreusement ouvert sur l’extérieur et proposant des vues sur la forêt de Cadarache présente à quelques mètres. Le traitement extérieur du bâtiment permet également de confronter cette dualité en opposant des façades aveugles à des façades généreusement ouvertes sur l’extérieur. Un miroir d’eau s’installe le long des façades Est et Nord rappelant la confluence du Verdon et de la Durance présente à proximité du site. Celui-ci vise à guider le visiteur jusqu’à l’entrée du bâtiment. Depuis le chemin d’accès, l’ancienne bergerie semble totalement aveugle : pas de fenêtres sur sa façade où deux « boites » en acier Corten apparaissent aux utilisateurs comme deux cubes flottant sur l’eau venant créer une transition entre l’architecture du passé et celle du présent. Un pont entre l’extérieur et l’intérieur. Le choix du matériau s’accorde à la tuile rouge caractéristique des bâtiments du site.